07.09.2007
SARKOZY! Le Président de l'action !!!
Quatre mois après son élection, Nicolas Sarkozy a affiché jeudi sa volonté de "rester au contact" des Français lors d'un déplacement en Alsace endeuillé par la mort accidentelle d'un policier.
"Je veux gouverner pour tous les Français, pour tous les territoires. Je ne veux pas être enfermé, ni à Paris ni dans le Palais de l'Elysée", a déclaré le chef de l'Etat à Mulhouse, à l'issue de l'inauguration de La Fonderie, une faculté installée dans une ancienne usine métallurgique.
"Qu'est-ce qu'on attend de moi ? Que je sois tous les jours de la semaine à l'Elysée à attendre le chaland avec la poussière qui tombe sur la pile de dossiers ?" a-t-il renchéri à Colmar, devant les ouvriers d'une usine du groupe allemand Liebherr.
Une façon d'affirmer une nouvelle fois sa différence avec son prédécesseur Jacques Chirac, qui effectuait très peu de déplacements en province.
"Au moins, moi je suis sur le terrain dans les usines", a insisté Nicolas Sarkozy. "Ma place est d'être là pour entraîner, pour écouter, pour dialoguer, pour répondre. Ma manière de faire, c'est de rester au contact, de ne pas être prisonnier d'une technostructure, d'une administration, d'habitudes."
Grimpé sur une estrade entourée par des ouvriers de Liebherr en combinaison de travail, le chef de l'Etat a renoué avec les attitudes et les accents de sa campagne électorale.
"Je n'ai pas changé", a assuré le président, qui a redit sa volonté de "se battre" pour préserver les usines et la tradition industrielle et ouvrière en France - "En venant dans les usines, je veux dire que les usines, ce n'est pas foutu."
Il a assuré qu'il ne resterait pas les "bras croisés" face à l'essoufflement de la croissance économique française.
"On me dit, la croissance, il y a des problèmes. Ça ne m'a pas échappé", a dit le président de la République, qui a promis des "initiatives" sans vraiment les détailler, "si la situation économique devait être décevante au niveau mondial".
Il a dit vouloir aller "plus loin" dans l'allègement du coût du travail, faire baisser les prix dans la grande distribution, "muscler" la compétitivité de la France, y attirer les capitaux et "libérer les possibilités d'innovation et d'investissement".
"Je veux encourager ceux qui ont de l'argent à l'investir dans les entreprises et dans de l'emploi plutôt que contribuer à faire la richesse de Monaco, de la Belgique et de l'Angleterre", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Il a défendu la privatisation de Gaz de France et sa fusion avec Suez, en réponse à ceux qui lui reprochent d'être revenu sur sa promesse de ne pas laisser la part de l'Etat dans GDF descendre sous 70%.
"J'ai utilisé une partie des actions qu'avait l'Etat dans GDF pour doubler la taille de GDF", a-t-il lancé. "C'est un projet industriel majeur et j'en conduirai d'autres."
A la fin de son discours, il a demandé aux ouvriers présents d'observer une minute de silence en mémoire du policier décédé une heure et demie plus tôt, après une chute du toit de l'usine sur lequel il avait pris position.
Ce policier du Groupe d'intervention de la police nationale de Strasbourg, âgé de 40 ans, marié et père de deux enfants, faisait partie du dispositif chargé d'assurer la sécurité du chef de l'Etat, qui a annoncé qu'il irait à son enterrement.
A Mulhouse, Nicolas Sarkozy avait participé à une table ronde sur la réforme des universités avec des étudiants et des professeurs de La Fonderie, qui accueille depuis cette rentrée environ 2.000 étudiants en économie et en droit.
Il y avait été accueilli par le maire socialiste de Mulhouse Jean-Marie Bockel, qu'il a nommé en juin, , secrétaire d'Etat à la Coopération, et par Arlette Grosskost.
Après Mulhouse et Colmar, Nicolas Sarkozy a gagné Strasbourg pour participer à une table ronde sur les sciences de la vie à l'Institut de recherche sur le cancer de l'appareil digestif (Ircade) et à une réunion sur la sécurité à la préfecture.
C'est là qu'il présidera vendredi le premier conseil des ministres décentralisé depuis 31 ans. Quatorze ministres et huit secrétaires d'Etat doivent y participer. Le Premier ministre François Fillon fera une communication sur le soutien de l'Etat à l'Alsace et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet sur "Strasbourg, ville européenne".
"J'aurai l'occasion d'aller dans d'autres régions", a promis Nicolas Sarkozy
11:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Les commentaires sont fermés.